Discours de SEM l’Ambassadeur Mushingi à l’occasion du lancement du Programme pour la Sécurité Sanitaire Mondiale

C’est un honneur pour moi d’être ici présent aujourd’hui pour soutenir le Burkina Faso dans son engagement formel au Global Health Security Agenda (GHSA, Programme pour la Sécurité Sanitaire Mondiale). Par cet engagement, le pays rejoint plus de 50 autres pays, organismes internationaux, et organisations de la société civile qui travaillent sans relâche pour accélérer les progrès vers un monde à l’abri des menaces des maladies infectieuses. Le GHSA est également une plateforme internationale dont l’objectif est d’aider les pays à renforcer leur capacité dans la prévention, la détection et la riposte aux épidémies. A travers son engagement à ce Programme,  le Burkina Faso renforce ses capacités pour une mise en œuvre totale des Règlements Sanitaires Internationaux.  La collaboration entre nos deux pays à travers le GHSA est un autre exemple des valeurs partagées entre les peuples Américain et Burkinabè.  Dans un monde de plus en plus globalisé et mobile, les risques de santé publique ont augmenté.

Par conséquent, la communication et la collaboration par-delà les frontières sont devenues essentielles pour protéger nos populations contre les menaces des maladies infectieuses. En 2003, après avoir été identifié pour la première fois en Chine rurale, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), s’est répandu dans plus de 37 pays à travers trois continents en 4 mois. Au cours des cinq dernières années, nous avons été témoins de l’émergence de nouvelles menaces infectieuses telles que, Ebola, la grippe aviaire, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (ou MERS) et Zika. Ce que nous avons appris de l’épidémie d’Ebola est que nous ne pouvons pas toujours prévoir où et quand la prochaine épidémie se produira. Et parce que nous sommes tous interconnectés, lorsqu’une maladie infectieuse survient quelque part cela devient une menace mondiale, avec un impact humain incalculable, et des conséquences économiques dévastatrices.

L’épizootie de la grippe aviaire en 2015 a coûté au Burkina Faso plus de 830 millions de CFA. Le 13 février 2014 les Etats-Unis, l’Organisation Mondiale de la Santé et d’autres partenaires  ont lancé le GHSA avec comme vision  un monde à l’abri des menaces des maladies infectieuses à travers le renforcement de notre capacité collective à prévenir et contrôler toutes épidémies où et quand elles se produisent. Le GHSA aide les pays à atteindre leurs objectifs en matière de Règlements Sanitaires Internationaux et se doter des capacités institutionnelles et humaines pour prévenir, détecter, et riposter aux menaces de maladies infectieuses. Au plus haut de la crise d’Ebola en septembre 2014, la Maison Blanche a accueilli une réunion de haut niveau où le Président Obama a annoncé que le gouvernement des États-Unis aiderait 30 pays à atteindre les objectifs de l’Agenda. Et en juillet 2015, le gouvernement des États-Unis a annoncé son intention d’investir plus de 1 milliards de dollars américain afin d’accroitre les capacités du GHSA dans 17 pays, dont le Burkina Faso. Comme le Président Obama le déclarait dans son allocution à la réunion des ministres du GHSA en 2015, «Notre souhait avec le temps est de voir un monde dans lequel l’Afrique de l’ouest est un leader régional dans la lutte contre les menaces épidémiques. Si nous consacrons le temps, l’attention et les ressources nécessaires à relever ces défis mondiaux, nous pouvons considérablement réduire le risque de survenue d’une tragédie comme l’épidémie d’Ebola. Nous pouvons sauver des vies. Et ce travail continuera à avoir à ses cotes un partenaire fort, les Etats-Unis d’Amérique » Aujourd’hui, nos organismes gouvernementaux et nos ministères travaillent en étroite collaboration pour développer un plan national pour le Burkina Faso qui fera clairement ressortir les étapes importantes requises pour atteindre les objectifs du GHSA et qui sera utilisé pour mesurer nos progrès et nous rendre comptables de nos engagements. L’investissement public des États-Unis de plus de 15 milliards de CFA sur 5 ans sera axé sur le renforcement des systèmes de santé publique du Burkina Faso pour faire face aux menaces infectieuses du 21ème siècle.  Le CDC partagera son expertise technique de renommée mondiale dans la détection des maladies, les diagnostics de laboratoire, les opérations de secours, et assurera que les vaccins atteignent les personnes qui en ont besoin. Un programme spécial de formation des épidémiologies de terrain viendra en appui à ce travail.  Une activité dont je suis particulièrement fier est ce partenariat unique  Corps de la Paix et CDC qui aide le ministère de la Santé à identifier des maladies respiratoires peu communes dans les communautés ciblées et à riposter rapidement.  Si ce type de système de surveillance de maladie avait été mis en place en Afrique de l’Ouest en 2014, la propagation du virus Ebola aurait été identifiée et contenue beaucoup plus rapidement et des milliers de vies sauvées.  Pour sa part, l’USAID travaille avec la FAO pour stopper les risques de maladies animales qui pourraient se propager chez les humains. L’USAID va également soutenir le ministère de la Santé pour former les membres du personnel soignant dans le secteur public sur la prévention et le contrôle des infections, ainsi que la riposte rapide aux maladies épidémiques potentielles. En outre, l’USAID va soutenir les activités liées à l’amélioration des systèmes de surveillance des frontières.

Un financement sera également octroyé pour la création d’un centre de traitement et de formation pour la prévention et le contrôle à Bobo Dioulasso.  Notre vision est que ce centre forme des Burkinabe et le personnel de santé de la sous-région sur le contrôle des infections. Dans cet effort multisectoriel du GHSA, notre Département de la Défense joue également un rôle critique.  Il peut aider à identifier et lutter contre des éventuelles menaces de bioterrorisme, soutenir les forces armées du Burkina Faso pour le transport des aides d’urgence et assurer la sécurité en cas d’épidémie déstabilisatrice. L’objectif d’un monde à l’abri des menaces de maladies infectieuses demande de l’investissement et de l’engagement de la part des différents partenaires techniques et financiers.  Au sommet de 2015 en Allemagne, les chefs d’états du G-7 ont pris l’engagement d’aider au moins 60 pays au cours des 5 années à venir.

Nous lançons un appel à tous les pays et partenaires pour plus d’engagement à soutenir le Burkina Faso dans ses efforts d’empêcher que les éventuelles maladies ne se transforment en épidémies. Le Directeur General de l’Organisation Mondiale de la Santé déclarait, « lorsque le monde coure collectivement un danger, sa défense devient une responsabilité partagée par toutes les nations. »  Aujourd’hui, nous sommes aux côtés du gouvernement du Burkina Faso, des Nations Unies et bien d’autres partenaires dans la réalisation des Règlements Sanitaires Internationaux. Cette initiative nous montre que quand nous travaillons ensemble vers des objectifs communs, nous arrivons à engranger des victoires importantes.

Merci à l’OMS en tant que partenaire clé au Burkina Faso dans la mise en œuvre des Règlements Sanitaires Internationaux.  Merci au Premier Ministre pour l’engagement du gouvernement au GHSA et pour le partenariat continu et fructueux avec le Gouvernement des Etats-Unis.