Allocution de l’Ambassadeur Young lors de l’ouverture de la formation sur le journalisme d’investigation international dans la région du

C’est un honneur pour moi d’être ici aujourd’hui parmi des personnes très puissantes, vous, les journalistes et les acteurs de la société civile. La société civile et les médias indépendants sont des partenaires essentiels pour accroître la transparence et renforcer la redevabilité du gouvernement. Et avec la redevabilité du gouvernement, viennent les institutions fortes et, avec les institutions solides, nous créons une stabilité où la démocratie peut grandir et s’épanouir. C’est pour cela finalement que nous voulons – des démocraties fortes dans toute la région.

Tout d’abord, je parlerai de la corruption et de ses forces déstabilisatrices, et ensuite de ce que je vois les États-Unis faire, et troisièmement, où nous allons ensemble.

Premièrement, aucun pays n’échappe à la corruption. Ses effets pernicieux touchent la vie quotidienne de presque tous les citoyens du monde, directement ou indirectement. Tout au long de ma carrière, j’ai entendu parler d’actes de corruption ou personnellement en ai rencontré. Nous pouvons en rire, juste 1000 F CFA pour qu’une chose soit faite plus rapidement,  mais la corruption engendre une instabilité en creusant un fossé entre le gouvernement et le peuple. Elle transforme les institutions destinées à servir la population en des outils pour les exploiter, créant ainsi des sentiments d’impuissance, de non-respect et de conviction que le système est truqué.

Deuxièmement, les États-Unis reconnaissent depuis longtemps que la menace que pose la corruption à la sécurité et à la stabilité ne se limite pas à un pays, mais constitue une menace pour toute notre paix et notre sécurité collectives. C’est pourquoi je suis ravi de voir le CENOZO en tant qu’un réseau régional car aucun pays ou journaliste ne peut agir seul. C’est aussi la raison pour laquelle les États-Unis ont fait internationalement de la prévention et de la lutte contre la corruption une priorité.

Les États-Unis sont depuis longtemps un chef de file dans la lutte contre la corruption, à la fois à l’intérieur comme à l’extérieure. Nous avons été le premier pays à interdire la corruption des fonctionnaires étrangers par l’adoption de la loi étrangère sur les pratiques de corruption.

Cette année, les États-Unis consacrent approximativement 83 milliard de FCFA en assistance technique et financière pour renforcer les capacités du gouvernement et de la société civile. Cela appuiera les programmes, y compris: l’intégration de conseillers juridiques dans des organismes anticorruption dans le monde entier pour fournir des mentorats  et des conseils techniques;

fournir une formation pour aider les responsables de l’application de la loi à enquêter et à poursuivre les actes de corruption; et soutenir les organisations de la société civile pour défendre plus efficacement une plus grande transparence et responsabilité du secteur public.

Troisièmement, où allons-nous à partir de ce point?

  1. le ministre (représentant), chers journalistes –
  • La Banque mondiale estime que 20 à 40 pour cent de l’aide publique au développement est volée à travers la corruption de haut niveau des budgets publics dans les pays en développement chaque année.
  • L’analyse du Département d’État à l’aide d’un sondage Afrobaromètre, auprès de 24 415 répondants a révélé que les personnes ayant des expériences personnelles de corruption – comme être contraint de payer un pot-de-vin – étaient plus susceptibles de soutenir l’extrémisme violent.

Ce sont des sujets que vous discuterez dans les prochains jours. J’espère que vous les débattrez à fond et que vous en sortirez avec plus de connaissances sur la corruption, le crime organisé et l’extrémisme violent. J’espère également que vous établirez de précieux partenariats entre vous pour le journalisme d’investigation.

Les États-Unis appuient des programmes comme celui-ci, qui visent à renforcer la capacité professionnelle des journalistes à enquêter et à exposer la corruption et à aider à créer une population informée qui peut exiger des réformes et de la redevabilité. Les États-Unis sont fiers de soutenir le CENOZO par l’intermédiaire de notre Bureau international des stupéfiants et de l’application de la loi, qui est un soutien et un partenaire de longue date du Bureau des Nations Unies contre les drogues et les crimes en Afrique de l’Ouest.

Un de mes proverbes préférés dit:

« Kipar moogda niif, la pa puusgda ye »  C’est-à dire, «le piment rougit l’œil mais ne le casse pas». La vérité est souvent comme le piment, elle n’est pas toujours bonne à dire. Cependant, elle est la clef d’une bonne collaboration. La société civile et les médias indépendants sont des partenaires essentiels pour accroître la transparence et renforcer la responsabilité du gouvernement. Ce que nous rapportons ne sera pas toujours positif mais il contribuera à rendre meilleure la société.

MERCI